Presstalis, un outil précieux pour notre démocratie

Lettre à M. Franck Riester, ministre de la Culture

Martigues, le 22 avril 2020

 

Monsieur le Ministre,

La situation de cessation des paiements dans laquelle se trouve l’entreprise Presstalis a de quoi nourrir de vives inquiétudes pour l’avenir de la presse écrite. Cette situation résulte d’une volonté de certains propriétaires de presse de ne plus partager ce service mutualisé de distribution permettant de garantir le pluralisme. Elle procède également d’une volonté manifeste de dumping social.

Cette situation n'est pas nouvelle. Elle est même connue du gouvernement. En effet, dans son avis du 19 décembre 2017, le Conseil supérieur des messageries de presse s'interrogeait sur la pertinence des choix de la direction et mettait en cause une gestion qu'il jugeait opaque, rejoignant, ainsi, l'analyse des salariés qui dénonçaient, en outre, la responsabilité des éditeurs actionnaires dans l'organisation de la concurrence dans la filière. La Présidente-directrice générale entendue par la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat le 1er février 2018, avait confirmé la gravité de la situation de Presstalis avec une possible cessation rapide et les conséquences sur la diffusion de la presse si le groupe ne bénéficiait pas du soutien des éditeurs et des pouvoirs publics. J'avais fait part de ces inquiétudes à votre prédécesseur le même mois et demandé l'intervention du gouvernement pour sortir le groupe des difficultés.

 

Profiter, aujourd'hui, de la crise sanitaire que nous traversons pour accélérer une liquidation annoncée depuis bientôt trois ans, est profondément choquant. Bien que considérée comme activité essentielle dès le début de la crise sanitaire, c'est toute la profession qui se trouve encore plus en difficulté aujourd'hui.

 

Dans cette situation il y a, au contraire, urgence à garantir la continuité de la distribution, à assurer le maintien des emplois, à soutenir les marchands de journaux, et à débloquer une aide particulière pour les quotidiens nationaux et régionaux.

L’Etat ne doit pas laisser détruire cet outil précieux de notre démocratie et agir pour trouver une issue pérenne à cette situation. Il est temps qu’il s’impose dans ce débat pour garantir l’intérêt général.

Vous remerciant de m'informer des intentions du gouvernemnet, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

 


 

Et aussi : une question écrite a été adressée au ministre de la Culture

 

 

 

 

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